Association Nationale des Placements Familiaux (A.N.P.F.) Concevoir le Placement familial ,le qualifier,accueillir dans le respect de chacun...
XIXème Journées d’Etudes de l’ANPF
STRASBOURG – Conseil de l’Europe13-14-15 octobre 2010
La France depuis 1977 a opté progressivement pour la reconnaissance du métier d’accueil d’enfants en difficultés, jusqu’à en faire en 2005 une profession à part entière du travail social, assortie d’une formation et d’une qualification reconnue par un diplôme d’état.
Ces journées d’études de Strasbourg vont donc interroger la professionnalisation, son intérêt mais aussi les écueils à éviter, afin de préserver la richesse de l’accueil familial, quand il est intégré dans un dispositif structuré en entité de Placement Familial.
La professionnalisation n’est somme toute qu’une étape sur la très longue route qui se dessine pour faire sortir les familles d’accueil de l’isolement et des incompréhensions parfois tenaces entre assistants familiaux et les autres métiers du Placement Familial. Ainsi pourrait émerger un sentiment de reconnaissance sociale visant, par l’accès à des connaissances partagées, par une autre intégration dans le travail d’équipe, à s’adapter aux problématiques individuelles et parentales de plus en plus complexes.
La professionnalisation ne peut se résumer à des normes professionnelles, nécessaires mais jamais suffisantes : la reconnaissance de l’implication affective reste au cœur de l’accueil familial. Elle nous ouvre des pistes créatives pour entendre la part de l’expérience inter-subjective entre l’accueillant et l’enfant, avec lequel s’établit un partage de moments de vie.
Aujourd’hui, de nouvelles définitions du travail (celle développée par Christophe Dejours par exemple) intègrent l’implication affective et subjective comme une composante essentielle.
Reconnaître, assumer, canaliser cette implication émotionnelle permettra de maintenir la richesse essentielle de notre mission : humanité et humilité doivent rester au principe même de l’accueil familial, fût-il professionnalisé…
En quoi la professionnalisation va-t-elle contribuer à développer le travail de compréhension de ce qui se passe et se joue dans l’accueil d’un enfant partagé entre deux familles, en lien avec les équipes de placement familial ?
En quoi la formation des assistants familiaux réinterroge d’abord le sens même du projet de placement familial, mais aussi la formation de tous les intervenants en placement familial, et au bout du compte la formation des formateurs eux-mêmes ?
En quoi la formation va-elle contribuer à bâtir un travail commun d’accompagnement « des petits riens » et des énigmes auxquels les familles d’accueil sont confrontées au quotidien ?
Alors que la France a donc fait le choix de professionnaliser l’accueil familial, d’autres pays européens sont confrontés eux aussi à la nécessité de former les accueillants pour s’adapter à la complexité des problématiques. L’idée d’indemniser et même de salarier les accueillants face à la raréfaction des volontaires fait son chemin ici ou là. Certains rêvent, au delà de la formation qui tend à s’imposer comme incontournable, de renforcer le travail en équipe avec les accueillants pour faire face aux défis complexes de la Protection de l’Enfance.
Comme la France, quelques pays militent en faveur d’une professionnalisation, là où d’autres se tournent vers la famille élargie ou le réseau communautaire comme alternative en cas de défaillance parentale.
Ces journées de Strasbourg seront l’occasion de comparer nos vues, nos modèles théoriques, nos pratiques, leur inventivité et leurs limites. Des collègues venus d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne, de Pologne, du Royaume Uni et de la Suisse viendront exposer et confronter leurs pratiques et leurs réflexions avec les nôtres sur la difficile et passionnante question de l’accueil familial
European views on foster care: Family matters/institutional issues?
Foster care and the role of foster carers became professionalised in France in 2005. In response to the complex and challenging needs of children and young people in care, set benchmarks and training are important for all foster cares in European countries. Promoting dialogue around allowances, salaries and social status is important, if foster carers are no longer to be viewed as benevolent volunteers caring for children. Creating relevant training programmes is essential to support foster carers develop skills to manage the challenging behaviour displayed by some children in care, and to work collaboratively with other practitioners, in order to best respond to these children’s needs.
As in France, some European countries are campaigning for the evolution of traditional notions of foster care into that of a veritable profession, whereas others seek to develop systems of care for children via kinship care. Other schemes actively support parents, whose circumstances hinder their capacity to provide positive care for their children, through offering a variety of professional and community resources, including respite or day care. Given the recent professionalisation of foster care in France, more formalised training has been proposed, potentially with a diploma entry requirement.
This Strasburg conference will question professionalisation: its advantages for foster care, in addition to potential pitfalls to avoid, so that while professional standards are set, the wealth of experience foster carers can bring to their role continues to be valued and utilised. It is hoped that greater professionalisation will challenge barriers and misunderstandings with the public, the media and other professionals – including with social workers. With an ensuing social recognition and greater access to a shared knowledge base, it is considered that effective teamwork will be facilitated, when responding to the complexity of children’s needs, in the challenging context of child protection.
Issues to be considered will include:
This time in Strasburg represents an opportunity for partners from Belgium, Germany, Poland ,United Kingdom and Switzerland to compare viewpoints on foster care: to highlight successes and limitations, and consider innovative practices and new models of care.